Inédit en France, le «pay as you drive», comprenez «payez comme vous conduIsez», existe déjà dans d’autres pays. En Italie, Axa a développé une
offre de ce type sous le nom d’Auto-metrica. En Grande-Bretagne, Nor- wich Union
indexe la prime d’assurance sur le compor- tement du conducteur.
Près de 100 000 contrats auraient déjà été signés en Grande-Bretagne et 320 000
en Italie.
En France, le groupe MMA/MAAF a voulu lancer une telle offre en 2005. Réservé
aux jeunes con- ducteurs, ce dispositif aurait permis de connaître la localisation
du véhicule, les vitesses pratiquées, le type de route empruntée ainsi que les
horaires et les durées de conduite.
Mais le projet s’est heurté à la loi Informatiques et Libertés et la CNIL
(Commission nationale de l’informatique et des libertés) en a refusé la mise en
oeuvre.
La Commission a considéré que le dispositif permettait de comparer les
vitesses maximales du conducteur aux vitesses autorisées. Or la loi interdit
à des personnes privées de relever des infractions. De plus, la commission a
jugé que le dispositif portait atteinte à la liberté d’aller et venir
anonymement.
Thomas Dautieu a été entendu puisque Axa et Orange ont obtenu l’accord de la
CNIL. Tout d’abord, le dispositif prend en compte une vitesse qui est associée à
une notion de risque et non à une vitesse légale. Les données collectées ne
concernent donc pas des infractions commises. De plus, ces données sont anonymes
puisqu’elles ne sont pas attribuées à un conducteur précis, mais à l’ensemble de
la flotte.
«La prévention est une finalité première de notre offre précise
Antoine Matteï, directeur technique IARD * adjoint Axa France et cet aspect a probablement fait la différence dans les
discus-sions avec la CNIL qui nous a accompagné dans ce projet ». De l’avis de
certains acteurs du marché, beau-coup de solutions ont été présentées à la CNIL,
mais celles-ci étaient construites principalement pour mener des actions de
com- munication autour de la télématique et pour s’attribuer ainsi une image
d’innovateur.
Certains assureurs seraient même prêts à perdre de l’argent sur une telle offre
pour renforcer leur image.
La solution télématique sera facturée aux alentours de 30€ par mois et par véhicule. Mais Antoine Matteï estime que la concurrence grandissante va encore faire baisser les tarifs. La solution proposée par Axa et Orange permet également de répondre aux exigences de la loi en matière de risques. L’entreprise peut mettre en avant cette solution pour remplir le document unique et pour justifier son action contre les risques auxquels sont exposés ses collaborateurs. Axa vise 1 500 véhicules équipés avant la fin de l’année pour tester son offre et créer un modèle de facturation. L’adoption massive par les entreprises devrait venir dans un deuxième temps. Enfin, depuis la rentrée, en s’appuyant sur la télématique, Axa travaille à sensibiliser d’autres cibles de clientèle. Sur le marché des flottes, Axa assure 1 million de véhicules, un potentiel important qui devrait faire décoller le «pay as you drive» en France. Et Daniel Nabet de conclure : «Nous sommes persuadés que le marché du machine to machine (NDLR : communication entre ma- chine) va se développer par l’action combinée de leaders internationaux. Par leurs posi-tions mondiales, Orange et Axa vont avoir une influence déterminante ».
* IARD: Incendie accidents et
risques divers