Pierre Lefèvre, directeur de Dotmobil, n’en est pas à ses premiers pas sur le marché de la mobilité. Déjà, en 1995, ce spécialiste des technologies de communication participe à un projet d’envergure à la demande de Citroën, Siemens, France Télécom et Microsoft. Le but de l’opération : concevoir une voiture communicante et la livrer à Bill Gates. Mais, à l’époque, les technologies n’étant pas encore matures, le véhicule ne permet de transmettre que de la voix. Mais Pierre Lefèvre continue sur sa lancée. Il participe à la mise au point du système autoradio communicant de Citroën en collaboration avec le constructeur, Microsoft et Clarion. Parallèlement, il travaille au développement d’un système de com- munication couplé à la géolocalisation. Il crée sa société, Induct, en 2004. Son objectif : créer des systèmes électroniques d’aide à la conduite et de robotique automobile et ce, de la phase d’ingénierie jusqu’à la création de logiciels. Parallèlement, il crée une filiale pour développer ses propres systèmes de suivi de flotte par satellite. Son nom : Dotmobil. Le système est simple : un boîtier GPS est installé à l’intérieur du véhicule. Baptisé Dotbox, ce boîtier communique avec le serveur de Dotmobil via GSM et GPRS. Les données sont ensuite organisées par Dotmobil qui les met à la disposition de ses clients sur Internet. Il suffit alors au client de se connecter au web depuis n’importe quel endroit pour accéder à sa plateforme de géolocalisation et gérer sa flotte en temps réel.
Depuis son poste informatique connecté à Internet, le client peut
générer des rapports quotidiens d’un ou plusieurs véhicules et importer
très facilement les informations nécessaires à la bonne gestion de sa
flotte : vitesse et position des véhicules, distance parcourue,
ouverture de porte… Ces informations sont transmises selon un protocole
de communication sécurisé et sont exportées vers l’ordinateur de
l’utilisateur sous forme de fichiers Word, Excel, Access…, mais peuvent
aussi, grâce aux options proposées par Dotmobil, être rapidement et très
facilement récupérées par GPRS, Bluetooth ou encore Wi-Fi si
l’utilisateur n’est pas à son bureau.
La Dotbox offre également la possibilité de connecter un scanner,
une imprimante ou encore un PDA. Autant d’options qui permettent à
l’utilisateur de lire et de récupérer les informations en temps réel
quelle que soit la localisation du véhicule, mais aussi d’échanger
directement des données entre conducteurs et exploitants. Le
gestionnaire de la flotte peut ainsi envoyer des ordres de mission sur
un écran disposé dans le véhicule qui guide ensuite le conducteur
jusqu’à destination.
« A titre d’exemple, explique Pierre Lefèvre, le
responsable d’une flotte de plombiers peut connaître le véhicule
disponible qui est le plus proche d’un lieu d’intervention et lui
envoyer sa feuille de route ».
Une location tout compris Dotmobil
estime aller au-delà de la simple géolocalisation en proposant un large
éventail de fonctions associées. Ainsi, le système développé permet
d’informer le client, en temps réel, sur la livraison en cours sans que
le gestionnaire d’exploitation n’ait besoin de
Reste que le système proposé par Dotmobil ressemble à s’y méprendre à ceux de ses concurrents. « Nous nous singularisons grâce à deux éléments, se défend Pierre Lefèvre. Premier point, nous sommes capables de gérer une solution qui implique un véhicule maître et plusieurs systèmes esclaves. Ainsi, pour les interventions sur les autoroutes, le véhicule du chef d’équipe collecte les données des machines disséminées aux alentours. Nous gérons la production et pas seulement les mouvements. Deuxième singularité, nous travaillons par Internet avec des données remontées sur nos serveurs ». Comme l’ensemble de ses concurrents, Pierre Lefèvre insiste sur les bénéfices enregistrés grâce à son système : « La première économie concerne les kilomètres parcourus qui peuvent baisser de 5 à 10 % en moyenne. Ainsi, une entreprise bordelaise spécialisée dans le traitement des charpentes a gagné une mission par semaine et par équipe, soit au final une progression de 19 % de son chiffre d’affaires. Autre exemple, un transporteur du Sud de la France a pu vérifier que ces camions ne tournaient pas à l’arrêt pour
Pour l’instant, les PME constituent la majorité des clients de Dotmobil. « Les grands comptes ont du mal à y venir pour des raisons sociales, explique Pierre Lefèvre. Ils ont peur que le système soit considéré comme du flicage. Cela étant, les CRAM et la CNIL ont fait évoluer les mentalités: les grands comptes commencent à voir l’intérêt d’unetelle solution. Dans un contexte où le pétrole augmente, où les contraintes environnementales sont de plus en plus présentes, un système de suivi de flotte a toute sa justification. Une flotte est un outil coûteux qu’il faut gérer. Il a fallu attendre 2007 pour pouvoir démontrer l’intérêt de notre outil. Il n’existe pas beaucoup de solutions qui permettent d’économiser 10 % de pollution instan- tanément. Ce point de vue m’importe beaucoup. Notre dispositif a un effet immédiat tout en étant facile à déployer ». Reste que dans le passé, de nombreux acteurs ont fermé leurs portes ou ont été rachetés par des concurrents. Selon Pierre Lefèvre, ces échecs sont à mettre sur le compte de politiques de prix trop basses avec des bénéfices limités : « Comme dans tous les métiers, il faut s’assurer qu’il existe un retour sur investissement. Or, ce retour sur investissement ne peut intervenir avec un système loué 20 € par mois. Pour que le système fonctionne, l’entreprise doit réaliser des économies. Le système installé doit donc intégrer suffisamment de fonctions. Ce n’est pas possible à 20 € par mois et ce d’autant plus qu’installer le système et le contrôler a un coût. Il s’agit d’un métier de service ». Et le service a un coût sur lequel il est difficile de transiger sans mettre en péril la qualité.